2000

Saint-Léonard-de-Noblat

Rue du Maréchal Foch


Médiéval

Patrice CONTE et Guillaume DEMEURE

 

La réfection des réseaux rue du Maréchal-Foch a entraîné une intervention ponctuelle de sauvetage urgent dans la partie sud de la rue, au niveau de son débouché boulevard Carnot. L'opération, qui n'a duré que quelques jours, a toutefois permis de repérer plusieurs maçonneries à 0,80 m de profondeur sous la voirie actuelle et une partie d'un dépotoir médiéval.

Les maçonneries découvertes appartiennent à plusieurs murs. Le plus important barre transversalement la rue actuelle et s'achève par une construction arasée mais dont le plan arrondi évoque toutefois celle de la base d'une tour-porte. Un second mur, perpendiculaire au premier, se développe vers le sud. Les travaux de pose de regards et conduites n'ont malheureusement pas permis de le reconnaître sur une plus grande distance. Vers le sud, c'est-à-dire côté boulevard, le niveau du substrat s'abaisse fortement suivant un profil correspondant au flanc d'un fossé. Les vestiges découverts correspondent à ceux de la porte fortifiée qui équipait l'extrémité sud de la rue Fontpinou, attestée dès le Xllle s. (carreira de Fonpino). Un procès verbal de 1690 évoque la présence ancienne d'une "tour qui avait été très haute", d'une porte et d'une avant-porte ainsi qu'un pont levis. Les vestiges archéologiques découverts correspondent à ces aménagements de l'enceinte fortifiée de la ville.

1-im-stleo1
Murs médiévaux (base de la porte fortifiée)

En avant des murs, c'est-à-dire dans la partie supérieure du fossé, une couche de dépotoir a été fouillée partiellement. Elle a livré un contexte homogène d'un millier de fragments céramiques et autant d'ossements animaux. La céramique grise (oules) constitue la majorité du corpus céramique, des fragments de vases en pâte beige-orangée, parfois recouverts de glaçure verte complètent ce lot. Quelques décors d'écailles sous glaçure sont également représentés. On note enfin la présence rare d'un tesson portant un graffito. En l'absence de tout autre élément chronologique, cet ensemble peut être situé entre le Xllle s. et le XVe s. La faune (étude Christian Vallet, Archéa) fait état de la présence de quatre espèces animales : bœuf, mouton, porc et âne. L'hypothèse d'un dépotoir lié à une activité d'abattage peut être avancée.

Bien que partiels, les résultats de cette opération très ponctuelle complètent les données précédemment acquises sur le tracé des fortifications de la ville (BSR 1996, p. 44-45 : boulevard Carnot et BSR 1997, p. 40-41 : boulevard Barbusse-rue G .Perrin) et sur la vie quotidienne de ses habitants au Moyen Age.